Article mis à jour le 20/01/2026
La définition du handicap invisible
Un handicap est considéré comme invisible lorsqu’il n’est pas reconnu ou détecté en tant que tel. Contrairement aux handicaps visibles, les difficultés et incapacités associées ne se remarquent pas au premier coup d’œil, mais elles peuvent profondément impacter la vie quotidienne et professionnelle de la personne concernée.
Quelques chiffres...
- Près de 10 millions de personnes vivent avec un handicap invisible
- 80% des handicaps sont invisibles en France, et 18% d’entre eux sont sans emploi.
- En France, une personne sur 20 est victime de troubles sensoriels
- D’après l’OMS, 3 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France.
- 75% des affections psychiatriques débutent avant l’âge de 25 ans.
Les différents types de handicap invisible
Les troubles concernant ces pathologies sont très diverses. Les difficultés de ces handicaps peuvent toucher la vie quotidienne comme le milieu professionnel. La reconnaissance de la situation de handicap est alors très complexe et souvent, les personnes handicapées restent silencieuses afin d’éviter les stigmates, au risque de s’isoler.
Le mutisme créé par les handicaps invisibles est également dû à la comparaison de certains déficits avec des traits de caractère : impulsivité, imprudence, inattention...
Les maladies invalidantes
Ces maladies peuvent être temporaires, permanentes ou évolutives, et engendrent des limitations dans la vie quotidienne et professionnelle. Exemples : maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, digestives, sclérose en plaques, épilepsie, diabète, cancer, asthme…
Bon à savoir :
Si vous êtes atteint(e) d’une maladie invalidante vous avez la possibilité de recevoir l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) sous certaines conditions. Une maladie invalidante est souvent invisible mais elle peut permettre de faire reconnaître votre situation en tant que personne handicapée.
Les troubles cognitifs
Ces troubles affectent les fonctions cérébrales et peuvent entraîner des difficultés dans l’interaction sociale. Ils incluent notamment :
- Les déficiences développementales
- Les troubles du spectre autistique
- Les troubles du langage et de l’apprentissage : dyslexie, dysorthographie, dysphasie
- Le trouble déficitaire de l’attention (TDAH)
- La maladie d’Alzheimer ou autres formes de démence
- L’hyperactivité
On distingue alors :
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Les troubles cognitifs dits globaux, qui ont un impact sur la totalité du fonctionnement mental, entraînant une déficience intellectuelle et une perte d’autonomie.
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Les troubles dits spécifiques touchant une ou plusieurs fonctions cognitives sans affecter la fonction cognitive globale, où les capacités intellectuelles peuvent être préservées.
Les troubles cognitifs ont un impact significatif sur leur vie quotidienne des personnes qui en sont atteintes.
Parmi les conséquences observées, on peut notamment citer des perturbations dans la communication, des changements émotionnels et comportementaux, une perte d’autonomie, des effets sur les relations sociales, ainsi qu’une altération des compétences motrices.
Les troubles psychiques
D’après l’OMS, 3 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France. 75% des affections psychiatriques débutent avant l’âge de 25 ans.
Les troubles psychiques peuvent fluctuer selon l’environnement et avoir un impact sur la vie quotidienne et professionnelle. Exemples : burn-out, troubles bipolaires, anxiété, dépression, phobies sociales, schizophrénie…
Ces troubles peuvent générer exclusion sociale, difficulté d’insertion professionnelle et stigmatisation.
Les troubles mentaux
Les troubles mentaux sont les conséquences sociales d’une déficience intellectuelle. Ils traduisent des difficultés de réflexion, de conceptualisation, d’interaction et affectent la prise de décision.
On peut citer principalement les troubles du développement mental qui impactent sur les capacités intellectuelles : trisomie 21, déficience intellectuelle…
Depuis 1990, l’Association française de psychiatrie (AFP) met en place dans les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) afin de sensibiliser l’opinion publique et d’aider les personnes présentant des troubles mentaux.
Les SISM sont mis en place par les professionnels de santé, de l’éducation du social, des familles, des usagers ou encore des élus locaux, afin de mener des activités à destination du grand public pour parler santé mentale.
Les troubles sensoriels
En France, une personne sur 20 est touchée par des troubles sensoriels
Le handicap sensoriel peut modifier la perception de l’environnement. Ces troubles concernent une déficience des sens (ouïe, toucher, vue, gout, odorat) comme l’hyper ou l’hypo sensibilité des lumières, des sons ou des textures), mais également les déficiences auditives et visuelles.
Les troubles sensoriels peuvent entraîner une perte d’autonomie.
Comment repérer les signes de troubles du traitement sensoriel ?
- Se couvre les oreilles
- A un régime alimentaire limité
- Ne comprend pas l’espace personnel
- A des maux de tête fréquents
- Se sent souvent malade
Bon à savoir :
Vous pouvez évoquer votre handicap auprès de votre employeur pour demander des aménagements de poste, sans avoir à divulguer l’ensemble de vos informations médicales. Même si vous ne l’aviez pas mentionné au moment de l’embauche, vos droits restent applicables.
Les maladies liées à la santé féminine
Certaines pathologies liées à la santé féminine peuvent constituer un handicap invisible lorsqu’elles entraînent des limitations durables dans la vie quotidienne ou professionnelle. À ce titre, elles peuvent faire l’objet d’une reconnaissance par la MDPH, au cas par cas, en fonction de l’impact réel de la maladie.
Parmi les situations les plus fréquemment reconnues, on retrouve notamment :
- L’endométriose : maladie chronique pouvant provoquer douleurs invalidantes, fatigue importante et troubles digestifs.
- Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : troubles hormonaux susceptibles d’entraîner fatigue chronique, douleurs et difficultés de concentration.
- Les fibromes utérins : lorsqu’ils provoquent douleurs, saignements abondants ou fatigue persistante.
- Les troubles sévères liés à la ménopause : troubles du sommeil, douleurs, épuisement, bouffées de chaleur impactant l’activité professionnelle.
- Certaines complications liées à la grossesse ou au post-partum : hyperémèse gravidique, pré-éclampsie, dépression post-partum, lorsqu’elles entraînent des limitations fonctionnelles durables.
Bon à savoir :
La MDPH n’établit pas de liste fermée de maladies reconnues. La décision repose sur l’évaluation de l’impact de la pathologie sur la vie professionnelle, et non sur le diagnostic seul.
Une reconnaissance (RQTH, AAH, orientation professionnelle) peut permettre de bénéficier d’aménagements de poste, d’un accompagnement adapté et d’une meilleure sécurisation du parcours professionnel.
L’impact du handicap invisible sur la vie professionnelle
En France, près de 10 millions de personnes vivent avec un handicap invisible et pourtant certaines personnes préfèrent dissimuler leur handicap par peur du regard des autres.
Les troubles liés à ces pathologies sont variés et peuvent avoir un impact tant dans la vie quotidienne que dans le contexte professionnel. La reconnaissance de ces handicaps est souvent complexe, et il arrive fréquemment que les personnes touchées choisissent de rester silencieuses pour éviter d’être stigmatisées.
Ce problème peut avoir de graves conséquences dans la vie d’une personne, notamment la discrimination, la marginalisation sociale, le rejet et la solitude
Pour déconstruire les stigmates sur le handicap il faut créer le dialogue. Les handicaps invisibles existent et méritent tous de la reconnaissance. Pour faciliter l’insertion dans le monde professionnel, il est possible d’entreprendre une démarche de Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Cette démarche permettra aux personnes de pouvoir bénéficier de mesures et d’aménagements du poste de travail.
Si vous souhaitez quelques conseils afin de parler de votre handicap au travail, voici notre article sur le sujet : Parler de son handicap en entreprise